Strapontin15


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C’est Strapontin 2 qui a fait le 1er commentaire sur « La femme qui est partie »


La femme qui est partie de Lav Diaz

Si vous ne deviez voir qu’un seul film cette année (ce serait dommage!), précipitez-vous au Méliès pour découvrir ce chef-d’œuvre ! 3h45 d’éblouissement. Quand le film s’achève , on le regrette déjà.

Strapontin 3


La femme qui est partie

Quel est le strapontin auteur du texte concernant le film  » La femme qui est parie » ? Je suis du même avis et pense que nous voyons là un très grand film. Curieux, hors du commun, indispensable. Il se déroule pendant 3h46 en plans fixes devant le spectateur qui doit s’immerger dans ce noir et blanc splendide. Plans fixes qui vont faire apparaître, disparaître les personnages obligeant ce même spectateur à comprendre les intentions du metteur en scène. Une femme sort de prison, elle est libérée ,injustement condamnée. Son but; la vengeance mais également retrouver un fils perdu dans les dépôts sordides de Manille. Film sur la vengeance, soit, sur le bien et le mal, mais le film est un faux ami, car il va emmener le spectateur dans les domaines de l’empathie, la compassion, la reconnaissance… Film qui porte son regard sur un pays qui va mal avec ses pauvres, ses vrais pauvres qui s’abritent dans des cabanes, avec ses exclus : les travestis, les bossus, les boiteux .. Par moments, on songe à Dostoîevski et aussi à tous ces films japonais des années 50-60 , comme ceux de Kurosawa par exemple. A voir absolument. Strapontin 1


LA FEMME QUI EST PARTIE

Mis en scène comme une pièce de théâtre, dans un décor minimaliste, servi par un environnement d’une très grande pauvreté, ce film pose le cadre d’un dépouillement extrême, afin de mieux cerner les personnages, les mettre à nu, dans une vérité sans fard. Ils peuvent alors incarner toute l’intensité et la profondeur qui les habitent.

Ce dépouillement extérieur n’est pas sans refléter la vie intérieure, dense et riche, des personnages qui s’y déploient. Et en particulier, de l’héroïne, Horacia, suivie au sortir de ses 33 années de prison, pour lesquelles elle a été condamnée à tort. Étrangement, ni l’amertume, ni l’isolement, ni la solitude ne semblent l’habiter. Déterminée, dans son caractère et dans sa quête de vengeance, aucun Autre ne vient troubler son cheminement intérieur. Elle porte un regard très humain sur tous ceux qu’elle croise, misérables, en détresse et c’est ce qui fait toute la force du film.

En noir et blanc, le clair obscur qui enveloppe les acteurs, n’a de cesse de nous renvoyer à l’ombre qui habite chacun d’entre nous et la lumière ne pourra s’y accrocher, afin de  révéler notre puissance intérieure, que si cette ombre est cherchée, regardée, reconnue, comme le fait Horacia, pour nous guider vers le chemin de l’HUMANITE. D’ailleurs la profondeur des plans, nous appelle vers un ailleurs, un autre possible.


LA FEMME QUI EST PARTIE


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