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Orpheline

           Décidément, je pense que le cinéaste Arnaud des Pallières n’est pas mon préféré. Loin de là. Pourtant je fais des efforts, je vois tous ses films, mais depuis son « Parc » dans lequel je me suis mortellement ennuyée et « Michael Kohlahaas » que je n’ai pas particulièrement apprécié non plus malgré les cultivés et magnifiques explications et arguments de son cinéaste.

            Je persévère et j’ai vu « Orpheline » dont les dithyrambes remplissent la plupart des médias. Une fois encore, je ne trouve que prétention, et dans ce film une façon abominablement sophistiquée de raconter le parcours d’une femme qui a mal démarré dans la vie. Le film se veut original par un récit à rebours, il veut planer sur quelque chose d’une nouvelle vague qui n’est plus. Quel ennui ! Le regard du cinéaste ne sait que se plonger, voyeur, sur les corps successifs des trois actrices (magnifiques); des corps qui s’exposent le plus souvent en perdition (dans les voitures, boîtes de nuit etc). Pourquoi toujours du sombre, de l’obscur (au propre comme au figuré). La séquence de l’enfance, seule, est belle. Un lieu très symbolique choisi, la disparition mystérieuse des deux garçons, le regard de la petite fille. La séquence est forte. Au moins, un moment de sauvé !

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EL INVIERNO

Ce parcours de vies simples et très rudes me laisse sans voix. J’ai été traversée, tant  par la beauté saisissante des paysages, que par la profondeur du propos où l’on bascule dans l’essentiel, sans mot dire. L’homme y est très proche de l’animal, par instinct, par nécessité, par compagnonnage. Rien n’est factice. Tout est douloureux. Gestes et regards traduisent la souffrance de ces êtres condamnés à travailler loin de leur famille, toujours aux aguets, dans le froid, en état d’esclavage sans qu’aucun humain ne puisse les secourir, sans entrevoir aucun espoir. Et si ce dernier venait à exister, au terme de sacrifices incommensurables,  il se nommerait illusion.

Film magnifique, fort et puissant dépourvu de sensiblerie, comme je les aime.

A ne rater sous aucun prétexte s’il est reprogrammé.

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Grave

Bonjour les  Cinéphiles,

J’ai voulu voir le film de Julia Ducournau pour avoir mon propre regard sur cette réalisation. Je n’ai pas détesté et le contraire serait mieux adapté à mon appréciation.Pourquoi ?

Parce que cette cinéaste a une véritable approche de l’art cinématographique. Plans, séquences, cadrages. Par exemple ces premiers plans sur la route, mais également sur les cadrages de plans d’ensemble ou de plans plus serrés…

Film intéressant car plusieurs points de vue peuvent être envisagés. Pour la cinéaste : métamorphose, sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte, comment on devient cannibale, sur la transgression….etc.

Oui, mais pas que : Une métaphore sur notre Société : brutale, dominatrice, humiliante ( voir les séquences du bizutage).  Le monde du pouvoir. Après avoir été éduqué, chacun réagit à sa façon : on se coule dans le moule ou , à son tour on prend ce pouvoir.. La hiérarchie du pouvoir. Sur l’amour ou les rivalités entre les membres d’une même fratrie etc.

La fin du film est intéressante et donne du sens. D’autres pistes peuvent être développées également mais  le film peut  se déguster simplement comme un film gore pour jeunes, fans de films horrifiques.

A chacun son plaisir … et bon appétit !

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Moonlight au Méliès

Notre cinéma préféré prolonge la programmation du très beau « Moonlight » qui a reçu l’Oscar du meilleur film. L’histoire se passe à Miami, dans un quartier pauvre et noir, avec ses dealers et ses drogués. Mais ces clichés sont battus en brèche. On suit Chiron enfant, adolescent et jeune adulte bouleversant parce qu’il garde en lui sa tristesse d’enfant. Le metteur en scène utilise des couleurs vives, solaires en alternance avec les éclairages nocturnes: magnifique scène de baignade dans l’océan de Chiron enfant avec son père de substitution qui lui apprend à nager  sous un soleil radieux, à laquelle répond la scène  intime et émouvante  de la « discussion » nocturne sur la plage entre Chiron adolescent et son seul ami. Le film comme le personnage de Chiron est tout en retenue. La fin est boileversante. Belle partition musicale. Le magnifique acteur qui joue le père de substitution a obtenu l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.  Strapontin 3

 


C’est Strapontin 2 qui a fait le 1er commentaire sur « La femme qui est partie »


La femme qui est partie de Lav Diaz

Si vous ne deviez voir qu’un seul film cette année (ce serait dommage!), précipitez-vous au Méliès pour découvrir ce chef-d’œuvre ! 3h45 d’éblouissement. Quand le film s’achève , on le regrette déjà.

Strapontin 3


La femme qui est partie

Quel est le strapontin auteur du texte concernant le film  » La femme qui est parie » ? Je suis du même avis et pense que nous voyons là un très grand film. Curieux, hors du commun, indispensable. Il se déroule pendant 3h46 en plans fixes devant le spectateur qui doit s’immerger dans ce noir et blanc splendide. Plans fixes qui vont faire apparaître, disparaître les personnages obligeant ce même spectateur à comprendre les intentions du metteur en scène. Une femme sort de prison, elle est libérée ,injustement condamnée. Son but; la vengeance mais également retrouver un fils perdu dans les dépôts sordides de Manille. Film sur la vengeance, soit, sur le bien et le mal, mais le film est un faux ami, car il va emmener le spectateur dans les domaines de l’empathie, la compassion, la reconnaissance… Film qui porte son regard sur un pays qui va mal avec ses pauvres, ses vrais pauvres qui s’abritent dans des cabanes, avec ses exclus : les travestis, les bossus, les boiteux .. Par moments, on songe à Dostoîevski et aussi à tous ces films japonais des années 50-60 , comme ceux de Kurosawa par exemple. A voir absolument. Strapontin 1


LA FEMME QUI EST PARTIE

Mis en scène comme une pièce de théâtre, dans un décor minimaliste, servi par un environnement d’une très grande pauvreté, ce film pose le cadre d’un dépouillement extrême, afin de mieux cerner les personnages, les mettre à nu, dans une vérité sans fard. Ils peuvent alors incarner toute l’intensité et la profondeur qui les habitent.

Ce dépouillement extérieur n’est pas sans refléter la vie intérieure, dense et riche, des personnages qui s’y déploient. Et en particulier, de l’héroïne, Horacia, suivie au sortir de ses 33 années de prison, pour lesquelles elle a été condamnée à tort. Étrangement, ni l’amertume, ni l’isolement, ni la solitude ne semblent l’habiter. Déterminée, dans son caractère et dans sa quête de vengeance, aucun Autre ne vient troubler son cheminement intérieur. Elle porte un regard très humain sur tous ceux qu’elle croise, misérables, en détresse et c’est ce qui fait toute la force du film.

En noir et blanc, le clair obscur qui enveloppe les acteurs, n’a de cesse de nous renvoyer à l’ombre qui habite chacun d’entre nous et la lumière ne pourra s’y accrocher, afin de  révéler notre puissance intérieure, que si cette ombre est cherchée, regardée, reconnue, comme le fait Horacia, pour nous guider vers le chemin de l’HUMANITE. D’ailleurs la profondeur des plans, nous appelle vers un ailleurs, un autre possible.


LA FEMME QUI EST PARTIE


Protégé : Le Parc

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